Expo : David Nash

By: Emmanuelle Le Cadre | Date 13.06.2016
Exposé dans la librairie et dans la galerie Lelong, l’œuvre récente de l’artiste britannique David Nash se déploie sous forme d’œuvres bidimensionnelles (dessins) et tridimensionnelles (sculptures) façonnant une forêt tout à la fois naturelle et humaine.
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Une création au plus proche de la nature

Le sculpteur (né en 1945) vit, depuis 1967, à Blaenau Ffestiniog, au Pays de Galles, dans une région très boisée devenue, pour l’artiste, lieu mental et surtout lieu de naissance de sa création plastique, son matériau privilégié étant le bois. Matériau mais surtout source d’inspiration et d’expérimentation dont il réussit à révéler la beauté paradoxale. À la fois humide (plein de sève) et sec (prêt à mourir, à brûler), dur et fragile, le bois employé depuis des millénaires par l’homme est en perpétuel mouvement, évoquant tout à la fois l’inertie et l’éternel recommencement.

David Nash s’inscrit dans la Nouvelle sculpture anglaise (qui émerge dans les années 1960) aux côtés de Tony Cragg (actuellement exposé à la Galerie Thaddaeus Ropac). Il rejoint ainsi certaines préoccupations de cette génération telles que le refus de considérer la sculpture comme une masse inerte et la comparaison entre le travail de la nature et celui façonné par l’homme. Sa spécificité se situe dans une mise en regard entre deux médiums — la sculpture et le dessin —, allant jusqu’à utiliser dans ses compositions sur papier un fusain, produit du bois qu’il brûle pour la création de ses sculptures. Comme un écho à la symbiose qui s’opère entre l’artiste et son environnement.

Car Nash travaille de manière intime avec la nature, et ce à travers deux processus de création antagonistes : tantôt il infléchit la croissance de l’arbre, tantôt il laisse la nature artiste créer, observant, en spectateur, l’évolution de la forme. Il révèle ainsi la complexité et la magie de la nature : son inlassable création de formes, qu’elles soient anthropomorphiques ou géométriques. Il dévoile même les formes abstraites qui la sous-tendent.

De la nature vers l’art

« Pyramids rise, Spheres turn, Cubes stand still » (titre d’une exposition de 2005, à la Annely Judy Fine Art Gallery), déclare-t-il. Tout élément naturel évolue, d’après lui, selon des paramètres invariants : l’espace (incarné par le triangle), le mouvement (le cercle), la matière (le carré). Ainsi, un morceau de bois, composant avec ces formes, se transforme, tour à tour en colonne, en pic ou en torse comme le déclame clairement le titre de l’exposition Columns, Peaks and Torso. Architecture, paysages et corps s’entremêlent au sein d’un parcours fait de hauts, de bas, de formes monumentales, massives et d’autres plus minimales, délicates et, parfois, en précaire équilibre (telles que ses Column rappelant les colonnes infinies de Brancusi).

Noir et rouge, couleur naturelle du bois et patine du bronze constituent la palette du non-peintre. Le tridimensionnel et le bidimensionnel se toisent, à l’instar des œuvres qui le regardent : « They look at me » dit Nash, comme s’il n’était pas l’initiateur de la création mais la matière même. Le bronze (que l’artiste utilise de plus en plus ces dernières années) devient le moyen de rendre les oeuvres de bois fragiles pérennes et de les ancrer durablement dans le monde de la sculpture. Cet alliage précieux, pour prendre forme, nécessite le feu, ce même feu qui brûle le bois, mais que l’artiste, par sa maîtrise, transforme, depuis les années 1980, en véritable outil artistique.

Ses dessins dégagent une certaine sensualité due à la douceur du pastel ou à l’application veloutée du fusain. Pleins de vitalité, ils sont comme un miroir opposé aux formes sculptées, brûlées, au sein desquelles les flammes semblent avoir semé la mort sur leur passage. Pourtant, partout la nature semble gagner, toujours victorieuse même lorsque l’on se retrouve face à un trou béant (Folds, 2008).

L’exposition David Nash, « Columns, Peaks and Torso » est à découvrir jusqu’au 13 juillet à la Galerie Lelong.


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